Auto-portrait 1978

Nous sommes le 7 août, j’ai entendu ce midi à la radio qu’un coup d’état venait de se produire au Honduras. C’est loin d’ici le Honduras. D’ailleurs, je ne sais pas exactement où cela se situe, en haut, au milieu ou en bas de l’Amérique latine. Il faudra que je regarde sur les planisphères accrochées sur les murs de la chambre appelée par la famille « chambre aux cartes », à mi étage de la maison de ma tante. Cet après-midi je ferai des photos dans l’escalier, j’en profiterai pour jeter un coup d’œil à ce fameux Honduras. Un jour il faudra que je parte en Amérique du sud, j’ai en tête le nom d’une ville, Montevideo, capital de l’Uruguay. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai l’impression que c’est une belle ville. C’est un nom qui sonne bien « Montevideo ». J’aimerais aussi aller en Argentine, mais la dictature militaire me fait froid…

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Merci Kodak

Inconnu des jeunes photographes, la Kodachrome évoque un glorieux passé photographique pour les plus de 40 ans. Mes copains et moi faisions généralement des photos en noir et blanc, parce que ce n’était pas cher, qu’on pouvait faire les développements soit même et surtout, on voulait s’identifier à Jeanloup Sieff ou Ralf Gibson.   De temps en temps, quant le porte monnaie le permettait, j’achetais une Kodachrome livrée avec son sachet hermétique pour l’envoi au laboratoire de développement. Chargée dans dans mon Canon TLB, j’étais assuré d’avoir des couleurs vives presque saturées. Vu le prix dispendieux de la 36 vues, je goûtais mon plaisir à chaque déclenchement, en prenant mon temps pour trouver les sujets, ajuster le cadrage. Arrivait malheureusement le moment où mon pouce armait la dernière vue, provoquant le bloquage du levier retenu par la tension du film fixé au fond de la bobine.   La série photographique…

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L’école buissonnière

Les grandes vacances sont terminées depuis un mois, je ne suis plus à l'école de Saint-Sauveur, j'habite maintenant loin de mes copains. Mal assis entre de vieux meubles poussiéreux et des piles de lourd cartons, je pense à l'été passé, dehors il fait encore beau, je pourrais être avec les autres. Il est environ 2 heures de l'après-midi, j'ai un peu faim. Il faut que je bouge, j'ai mal aux fesses et ma jambe gauche est engourdie. Changement de position, adossé aux cartons je m'évade en regardant la lucarne qui laisse supposer un soleil radieux à l'extérieur. Jean-Pierre habitait juste derrière chez ma tante, près de la rue "Croix-d'Épine", dans une petite résidence toute neuve. J'ai entendu dire que c'était les gens pauvres qui logeaient ici, ça me fait triste de penser que c'est vrai. Pour aller le voir, je n'ai qu'à traverser le jardin, entrer dans le vieux bâtiment…

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