Le bruit de la Mark Ten

5 janvier 1962 Le journal de la Manche est posé sur le coin de la table de la salle à manger, entre des épluchures de fromage de la veille, un pot de lait acheté chez Madame Lorite la crémière de la rue Bottin-Desylles et quelques couvercles de camembert vides. C’est bien pour allumer le feu les boîtes à fromage. Un vieux sécateur rouillé est prêt à en découdre avec les vestiges de l’été passé. Le machin aux lames crottées, ferraille avec une boîte oxydée au couvercle mal joint. Un bataillon de couteaux Anglais « Sheffield » d’une allure super classe, avec manches en ivoire, montent la garde devant du sucre humide. Il y a aussi trois bols vides bouches béantes, attendant que la casserole d’aluminium verse le café bouillant, un pain campagnard, un paquet de Craquelins immangeables et un pot de confitures de mûres du jardin légèrement moisi. Tout ce petit monde…

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Denneville plage

29 juin 2018 L’arrivée Denneville est toujours paisible, voire même extrêmement paisible. Un vent de nord-est assez viril fait virevolter le sable par saccades régulières. Les pins sont chahutés, les fleurs s’arc-boutent, les ronces jubilent et mes oreilles sifflent. Il fait chaud, comme quand j’étais enfant, l’air a l’odeur du passé. Pas cette odeur de moisi qui se dégage d’une revue Télé 7 jours oubliée sur le dessus du vieux téléviseur Radiola de ma tante Charlotte, ni celle du tas de torchons entreposé au fond du placard, entre les toiles d’araignées, les couverts d’un lustre terni et des assiettes fatiguées par tant de bouches à nourrir. Ébréchées, usées, cachées mais pas jetées, ces assiettes croient encore qu’un jour elles reprendront du service à la lumière d’une belle table dressée. Tout n’est qu’illusion. Aujourd’hui l’air a l’odeur du bonheur, celui dont je me souviens avant la catastrophe, celui des rires, des…

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Quetteville en Normandie

Le petit monde des mes amis Nicolas et Hélène. Univers d’objets, de bricoles et d’ustensiles d’une vie bien remplie. <?php echo do_shortcode( »); ?>

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Et pourtant l’herbe est toujours verte.

Baie d Écalgrain

Tout est collant, pourtant il ne fait que 17°, le soleil au-dessus du plafond de nuage ne permet pas d’assécher cette humidité odorante. Dans la cour devant la maison, la toile cirée de table est ciselée de griffures de lames aiguisées, signe d’activités « festoyantes » propices aux rencontres humaines et ripailles arrosées. Certains morceaux de cette nappe plastifiée rebiquent, découvrant leurs arrêtes maculées d’une crasse antédiluvienne. Par endroit l’eau de pluie forme de petites flaques où mouches et autres scolopendres s’abreuvent.

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L’homme sur la lune.

20 juillet 1969Encore trois semaines et j’aurais douze ans. Comme l’année passée, je suis de retour au Havre pour une partie de l’été, je suis chez ma grand-mère, une vieille grand-mère d’au moins quatre-vingts ans. Mamie est veuve, mon grand-père est mort il y a quatre ans, peut-être même plus, va savoir.Je me souviens de Gustave confortablement installé dans son fauteuil Voltaire dont l’assise et les accoudoirs étaient recouverts d’un tissage entrelacé d’une laine verte, jaune et rouge. Ma grand-mère adorait le crochet. Je me souviens surtout du regard de Papi quand il prenait mes mains, mes petites mains enserrées dans les siennes, des paluches larges, épaisses mais si douces. Celles d’un homme bienveillant, aux yeux bleus me fixant tendrement, le regard fort et fusionnel qu’aucun enfant n’aurait eu envie de quitter. Pourtant ce Papi, je ne l’avais pas souvent vu, mes parents étant partis très tôt du Havre pour…

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Un beau week-end de vacances

Le 10 avril 2016, j’avais fait un reportage sur Denneville Plage après le grave incident de l’EPR de Flamanville. Un an après, j’ai eu l’envie de retourner voir l’évolution du ce si bel endroit. Je pensais que la population était retourné y vivre, il n’en est rien. De Denneville à Porbail, il n’y a pas âme qui vive, seul le paysage reste absolument sublime. A titre anecdotique, j’ai tenté de prendre des images avec mon appareil numérique…  impossible. Le rayonnement radioactif perturbait trop le capteur. J’ai donc utilisé mon vieux Leica M6, tout en préservant mes pellicules dans un sachet composé d’une enveloppe de plomb.

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Walton on the Naze

Quelle belle fin de journée, le brouillard retombe sur LH, il fait frais, j’adore.Il y a bien longtemps, quand je promenais à la nuit tombée mon chien Brim sur le bord de mer de Walton on the Naze, j’étais encore plus enveloppé qu’aujourd’hui par les volutes d’un « fog » envahissant. La lumières des lampadaires épars rythmaient mes pas retenus. Brim tirant sur sa laisse, moi ralentissant la bête, tentant de voir plus loin que le bout du collier. Janvier 1974La mer est au bout de la rue. J’habite sur Green Lane, un cottage du  nom de « Wave Crest », en brique rouge traditionnelle, tout mignon avec un étage surplombant le salon orné d’un bow-window ouvrant sur un mini jardinet face à la rue. Une typique maison anglaise, pleine de charme dans un quartier paisible de Walton on the Naze. J’y suis bien, je m’ennuie un peu, mais c’est plutôt chouette. Cet hiver est particulier, je suis…

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Dans les brumes de LH

Quelle belle fin de journée, le brouillard retombe sur LH, il fait frais, j’adore. Il y a bien longtemps, quand je promenais à la nuit tombée mon chien Brim sur le bord de mer de Walton on the Naze, j’étais encore plus enveloppé qu’aujourd’hui par les voluptes d’un « fog » envahissant. La lumières des lampadaires épars rythmaient mes pas retenus. Brim tirant sur sa laisse, moi ralentissant la bête, tentant de voir plus loin que le bout du collier. La suite…. par la suite. Pellicule Kodak Tri-X – Péremption 1979

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