Sally Mann  » La perte de l’innocence »

Le Monde.fr On connaît trop Sally Mann à cause du mauvais procès qui lui fut fait pour avoir photographié ses propres enfants nus (il y a d’ailleurs, dans un numéro d’Aperture de 2006, une très intéressante interview de sa fille Jessie) et l’exposition à la Photographer’s Gallery à Londres (jusqu’au 19 septembre) permet heureusement d’avoir une vision plus large de son travail. Il y a bien sûr chez elle une volonté d’intimité, de simplicité, très naturelle et où le sentiment de provocation vient plus de nos propres inhibitions que d’une perversité photographique. En fait, les enfants sont comme ça, ce sont eux qui décident de se baigner nus ou de faire des pointes sur la table au milieu des tomates (The Perfect Tomato, 1990, est le titre ironique de cette photographie, coupée en deux entre ombre et lumière, entre blanc surexposé et noir étouffé, entre spectatrices -grand-mère et soeur – et performeuse audacieuse et gracieuse…

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Expo Harry Callahan – Variations

Harry Callahan (1912-1999) commença à photographier littéralement pour s’amuser, d’abord fasciné par la beauté des instruments. 7 septembre- 19 décembre 2010 : Harry Callahan, Variations  Fondation Henry Cartier-Bresson L’exposition de la Fondation HCB, organisée dans le cadre du trentième anniversaire du Mois de la Photo, rassemble plus d’une centaine de tirages noir et blanc, réalisés par l’auteur et provenant de collections publiques, la Maison européenne de la photographie (Paris) et le musée d’Art moderne (New York), de la Galerie Pace/MacGill représentant la famille, et d’une collection privée. Cette présentation permet de découvrir les thèmes de prédilection du photographe – la ville, sa famille et la nature, trois axes intimement liés à sa vie personnelle, qui vont se conjuguer jusqu’à la fin. La ville, essentiellement les passants, perdus dans leurs pensées , à Detroit, Chicago et Providence ; sa femme Eleanor et leur fille Barbara, la nature, bien souvent des paysages ou…

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Le temps des ASA

    Claude et Pierre L'un est une figure incontournable de la vie d'un photographe havrais depuis 35 ans (Claude), l'autre fut mon professeur de photographie à l'époque où j'étais à l'école d'Art (Pierre). Claude Guignery a vendu tout ce qui existe comme appareils photo, objectifs et accessoires divers. Je l'ai connu à l'âge de 15 ans quand je venais acheter mes premières pellicules chez Rolland, près du Rond-Point, c'était l'époque des vendeurs en blouse blanche, synonyme de technique et de savoir. J'étais impressionné devant la multitude de matériel et je rêvais de pouvoir acheter un jour un Hasselblad ou un Leica. Claude avait un patron, Etienne (Rolland), il me vouvoyait toujours et quand je lui demandais un renseignement spécifique en rapport avec un achat futur il me rétorquait : "Monsieur Maslard, ce que vous me demandez se trouve comme une "housse de cathédrale" et de plus ça se vend…

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Controverse et censure

LARRY CLARK – Controverse autour de l'exposition du photographe de l'adolescence Les Verts parisiens ont accusé, mercredi, la Ville de Paris de s'"autocensurer" en interdisant aux moins de 18 ans l'accès à une exposition du photographe et réalisateur américain Larry Clark, connu pour avoir photographié les "dérives" de l'adolescence. Cette rétrospective qui doit débuter le 8 octobre au musée d'Art moderne de la ville de Paris revient sur cinquante années de création à travers plus de 200 tirages d'origine, pour la plupart inédits, de l'oeuvre de Larry Clark.

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