Octobre 1913

L'oncle Louis est arrivé pour une courte visite de 2 jours. Il devait passer nous voir au début de l'été, mais son travail de photographe à la capitale ne lui permit pas. Nous habitons dans la campagne près de Belleville-sur-Meuse, le train de Paris  est arrivé ce matin à 8h30 à Verdun. Mon frère Alphonse est allé chercher tonton à la gare avec la charrette de la tante Mathilde.   Il fait beau, l'automne a un arrière-goût d'été, ça tombe bien car Louis nous a promis dans son dernier courrier de faire des clichés photographiques de toute la famille. Nous l'attendons tous dans la cour la ferme, impatients de voir et de parler avec l'artiste de la famille, celui qui côtoie des personnalités dans son cabinet photographique de la rue Montorgueil. Pour l'occasion, nous sommes vêtus de nos plus beaux habits, ce qui nous faire rire, ils sont bien rares…

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Gilles l’horloger

  Aille, barillet, coussinet, échappement, foudroyante, marteau, roue… une poésie de mots pour un rêveur idéaliste. Gilles Gaignoux n'était pas prédisposé à devenir horloger. Rébellion familiale et amour de la nature lui font quitter rapidement le Havre pour devenir berger après l'école agricole. Quelques années de solitude à surveiller et soigner les moutons forment  l'esprit et le caractère mais aussi le recul nécessaire pour entrevoir ce que pourrait être l'avenir. Le père de Gilles, "Claude", est horloger de formation, mais ses passions sont tournées vers la musique. Il joue du violoncelle à merveille, puis vient l'amour de la peinture à travers laquelle il décrit avec tendresse son environnement proche, famille, nature, mer. D'influence post-impressionniste, les œuvres de Claude sont le reflet de toute une génération. il dépeint si bien les ambiances, la chaleur du soleil, les contre-jours sur la plage du Havre et les enfants jouant sur le sable. Une passion…

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Le temps des ASA

    Claude et Pierre L'un est une figure incontournable de la vie d'un photographe havrais depuis 35 ans (Claude), l'autre fut mon professeur de photographie à l'époque où j'étais à l'école d'Art (Pierre). Claude Guignery a vendu tout ce qui existe comme appareils photo, objectifs et accessoires divers. Je l'ai connu à l'âge de 15 ans quand je venais acheter mes premières pellicules chez Rolland, près du Rond-Point, c'était l'époque des vendeurs en blouse blanche, synonyme de technique et de savoir. J'étais impressionné devant la multitude de matériel et je rêvais de pouvoir acheter un jour un Hasselblad ou un Leica. Claude avait un patron, Etienne (Rolland), il me vouvoyait toujours et quand je lui demandais un renseignement spécifique en rapport avec un achat futur il me rétorquait : "Monsieur Maslard, ce que vous me demandez se trouve comme une "housse de cathédrale" et de plus ça se vend…

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