Si Lindbergh m’avait vu.

Toute ma vie j’ai rêvé de voyager, quand j’étais petit, je lisais Jules Verne et son « Voyage au centre de la Terre ». J’avais envie de découvrir l’Islande et de trouver de quel endroit était parti Axel Lidenbrock pour sa fabuleuse aventure. J’ai idéalisé d’autres destinations, autant de lieux où j’aurais aimé me rendre, en fermant les yeux je transportais mon imaginaire vers l’Amérique latine, le Pérou et… la Manche. Tout à commencé quand je venais en vacances chez ma tante dans le Cotentin. Ma Tante n’avais jamais voyagé, sauf en Grande-Bretagne. Dans les années précédant la « Grande Guerre », elle avait été « Suffragette » et s’était engagée pour le droit de vote des femmes, bravant Edouard VII et sa répression impitoyable. Pour venir chez Charlotte, la route paraissait longue pour un enfant qui n’avait qu’une hâte, arriver à Saint-Sauveur. La Dauphine bleu ciel de papa crachait pourtant toute sa puissance, les villages…

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Mon ami Coco

On est là, tous les deux devant l'église, il fait beau mais très froid. je j'ai jamais vu autant de monde dans le village, Coco me parle des amis, de la vie, de la vitesse à laquelle elle passe.   "Ça désherbe sec en ce moment,  faut qu'on fasse des trucs, faut qu'on avance, qu'on n'hésite plus, y a plus le temps pour ça".   On est venu voir Patrice, il n'a pas voulu rentrer dans l'église comme les autres, alors nous non plus on n'est pas rentré. Il faut être solidaire entre copains, il fait froid.   "Tu sais, j'ai découvert que j'étais capable de créer, je tords, je soude, je perce le métal, quand je le travaille j'ai l'impression d'être guidé, comme si ce n'était pas moi l'ouvrier… c'est bizarre, hein".   La messe est longue, j'entends à peine ce qui se passe à l'intérieur, juste des sons…

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D’Artagnan et le druide

Je me souviens de ce printemps 1983, début d'une longue succession de ballades à travers les chemins d'Aquitaine, Auvergne, Limousin, Midi-Pyrénées. Nous partions entre amis pour un périple d'une semaine. Moto tout-terrain, sac à dos, carte IGN, tout était prêt pour le grand moment où nous allions converger depuis la Normandie vers le point de départ de notre aventure, la Chapelle Aubareil. La route depuis Montignac est étroite et sinueuse et nous étions impatients d'arriver.  Patrice, d'Artagnan normand expatrié, fort en voix et moustache fournie à la Rostand nous ouvrait son village et sa table. Embrassades, braillements, jurons et sourires enjoués venaient ébranler la quiétude sereine des habitants.   Je me souviens de la table dressée dans la petite cour devant la maison, les verres chargés de Whisky en attendant le dîner magique. Fois gras, pommes de terre aux cèpes, confit de canard, fromages, sans oublier des quantités phénoménales de…

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Gilles l’horloger

Aille, barillet, coussinet, échappement, foudroyante, marteau, roue… une poésie de mots pour un rêveur idéaliste. Gilles Gaignoux n’était pas prédisposé à devenir horloger. Rébellion familiale et amour de la nature lui font quitter rapidement le Havre pour devenir berger après l’école agricole. Quelques années de solitude à surveiller et soigner les moutons forment  l’esprit et le caractère mais aussi le recul nécessaire pour entrevoir ce que pourrait être l’avenir. Le père de Gilles, « Claude », est horloger de formation, mais ses passions sont tournées vers la musique. Il joue du violoncelle à merveille, puis vient l’amour de la peinture à travers laquelle il décrit avec tendresse son environnement proche, famille, nature, mer. D’influence post-impressionniste, les œuvres de Claude sont le reflet de toute une génération. il dépeint si bien les ambiances, la chaleur du soleil, les contre-jours sur la plage du Havre et les enfants jouant sur le sable. Une passion ça…

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Fuir mon amour comme on fuit un amour sans espoir

Raymond Depardon C'est ici dans cet hôtel que j'ai aimé une femme. C'était du cinéma, je jouais l'amoureux transi, je prêtais ma voix, je jouais le rôle d'un reporter, oublié de Paris, en attente de repartir. C'est dans cet hôtel que je la rencontrais, je l'abordais au début du film. Nous étions tous les deux. Je l'hebergeais dans ma chambre et je la regardais. Les jours passaient, nous sortions dans la ville. Je parlais, elle m'écoutait. Nous étions dans la chambre à la tombée de la nuit, au moment ou la ville était si belle. Je crois qu'elle commençait à être sensible à mon attention. Mais ce n'était que du cinéma. Les gens ont cru, en voyant le film que j'étais amoureux d'une image, je crois que j'étais amoureux d'une image, une personne qui n'existait pas…! Nous tournions clandestinement, les autorités du ministère de l'information ne comprenait pas très bien…

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Qui en veut à Aristide Briand?

Humeur du dimanche Le prix Nobel de la paix 1926 en aurait eu les moustaches hérissées en voyant le spectacle de désolation d'une rue du Havre portant son nom.   Au-delà des grand travaux de rénovation des chaussées et voirie en prévision du futur tramway, les façades des commerces et immeubles sont proche de l'abandon total. On pourrait être dans un pays en voie de développement ou le manque de finances reporte à des jours plus heureux le mise en œuvre des réhabilitations.   Pour ajouter à la cocasserie, mieux vaut ne pas avoir la tête en l'air quand vous flânez, en plus des tranchées diverses, ce qui reste des trottoirs est maculé de magnifiques matières naturellement évacuées par un organisme animal, sous forme solide ou liquide, la fameuse "crotte de chien". Il fait froid ce dimanche, j'ai un peu le cafard.

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