James Nachtwey à Lyon

D'une image, il dénonçait un conflit. Aujourd'hui, le maître du photoreportage réalise une fresque saisissante. Avec Le Sacrifice sur lequel se termine son exposition de Lyon, James Nachtwey, l'une des stars du photojournalisme, réalise une stupéfiante fresque de soixante images en noir et blanc. De loin, elle ressemble à une toile abstraite. Enigmatique. Sans respiration, sans espace vide, pleine à craquer d'éléments qui s'accumulent, se répètent, se répondent. On y devine un entremêlement de bras, de tuyaux, devisages. En s'approchant, on découvre des scènes prises dans des blocs opératoires de l'armée américaine en Irak. Les pho tos sont prises de très près, à la même distance que les chirurgiens, anesthésistes, infirmières qui s'affairent autour des corps de jeunes soldats mutilés, inconscients, traversés de tubes et d'intraveineuses. Ce montage de plusieurs mètres renverse les règles de l'image de presse défendues par Nachtwey.

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